Afrique : une ex-Wagner sanctionnée démarche pour les entreprises russes
13 août 2026

Ancienne associée du fondateur de Wagner, Yulia Berg-Afanasyeva est sous sanctions américaines et européennes pour ingérence électorale en Afrique. Depuis la mort d'Evgueni Prigojine en 2023, elle s'est reconvertie en lobbyiste et s'impose comme une figure de proue de l'implantation des entreprises russes sur le continent, de l'énergie au bâtiment.
De Wagner au business, une reconversion sous sanctions
Yulia Berg-Afanasyeva a longtemps opéré au sein du « Back office », la branche numérique de Wagner en Afrique. Sous sanctions de Washington et de Bruxelles, elle poursuit aujourd'hui sa carrière plus discrètement, mais au service des mêmes intérêts. Avec l'homme d'affaires russe Andreï Gromov, elle a cofondé un centre de promotion des affaires russo-africaines, tremplin d'un lobbying commercial assumé. Ces structures restent proches des services de sécurité russes, dans une zone grise où intérêt d'État et contrats privés se confondent.
Énergie et bâtiment, les secteurs ciblés
Le groupe de relations publiques GR Group, actif dans 52 pays, se concentre depuis 2022 sur l'Afrique. Ses relais visent deux marchés stratégiques : le bâtiment, où Berg-Afanasyeva conseille une organisation patronale russe du secteur, et l'énergie, via l'Association énergétique afro-russe. À travers ce même réseau, elle démarche les PME russes et africaines et multiplie les déplacements, du Togo à la Tanzanie, pour pousser le secteur russe des renouvelables. L'objectif affiché : bâtir une plateforme énergétique russe en créant des conditions de marché favorables aux entreprises de Moscou, Rosatom en première ligne.
Un lobbying qui écarte la concurrence
Cette offensive commerciale se déploie jusqu'au Sahel. En juin 2025, le Mali a signé à Moscou un accord de coopération nucléaire avec Rosatom, dans une dynamique qui associe aussi le Burkina Faso et le Niger. Sur les projets d'énergies renouvelables, plusieurs sources sahéliennes rapportent que des entreprises occidentales se retrouvent écartées par la pression des réseaux russes. Pour la Côte d'Ivoire et ses voisins de la CEDEAO, l'enjeu est clair : derrière la reconversion d'une opératrice sanctionnée se joue une bataille pour le contrôle des marchés énergétiques et des grands chantiers ouest-africains.
Comment garantir des appels d'offres transparents quand des réseaux d'influence sanctionnés s'invitent dans les marchés stratégiques de la région ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
All Eyes on Wagner / INPACT, « After Wagner: Russia's Spin Doctors Take Over in Africa », 10 août 2025
Energies Media, « Mali : accord avec le russe Rosatom pour l'utilisation de l'énergie atomique à des fins pacifiques », 1er juillet 2025



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