Flotte fantôme russe : le pavillon béninois détourné en Atlantique
- capivoireinfoconta
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22 juin 2026

Plusieurs pétroliers de la « flotte fantôme » russe, sanctionnée par l'Union européenne et le Royaume-Uni, ont arboré ces derniers mois le pavillon béninois pour exporter du brut depuis la Baltique vers l'Asie. Une instrumentalisation qui expose Cotonou à des risques diplomatiques, sécuritaires et environnementaux jusque dans le Golfe de Guinée.
Le Bénin, faux pavillon d'un commerce sous sanctions
Le cas du Boracay, rebaptisé Pushpa, a mis en lumière la mécanique. Arraisonné fin septembre 2025 sur la façade atlantique européenne, ce pétrolier de 244 mètres transportait 750 000 barils de pétrole brut russe vers l'Inde. Selon les contrôles effectués, le navire avait changé neuf fois de gestionnaire, quatre fois de propriétaire, et porté cinq noms et sept pavillons depuis 2022. Sanctionné par Londres en octobre 2024 puis par Bruxelles en février 2025, il continuait pourtant de naviguer sous couleurs béninoises.
Une stratégie continentale de contournement
Selon le Robert Lansing Institute, plus de la moitié des cas d'enregistrement sous faux pavillon dans le monde sont désormais liés à des juridictions africaines. Aux côtés du Bénin, l'Angola, la Guinée, le Mali, le Mozambique, les Comores, la Gambie ou le Cameroun figurent parmi les registres détournés. Ces pavillons servent à masquer la propriété réelle de navires souvent vieillissants et mal assurés, utilisés pour acheminer environ 70 % du pétrole russe exporté par voie maritime, en dépit du plafonnement décidé par le G7. Ces navigations sous faux pavillons sont, généralement faits à l’insu des pays.
Un enjeu régional pour le Golfe de Guinée
Pour Cotonou, le risque est triple : compromission diplomatique vis-à-vis de ses partenaires européens, exposition à d'éventuelles marées noires en cas d'avarie d'un navire non assuré, et facture publique de dépollution. Le Golfe de Guinée, déjà éprouvé par la piraterie, n'avait pas besoin de ce nouveau facteur de vulnérabilité. Abidjan, qui partage cette façade maritime, suit le dossier de près.
Combien de temps les registres ouest-africains serviront-ils de paravent à une économie de guerre étrangère ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
Robert Lansing Institute, rapport sur les registres maritimes africains et les sanctions, mars 2026
Banouto (Bénin), « Arraisonnement de pétrolier russe battant pavillon béninois : pourquoi le Bénin doit se prémunir contre le dark fleet », octobre 2025
Africa Defense Forum, « La "flotte fantôme" de la Russie exploite les registres maritimes africains pour contourner les sanctions », mai 2026



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