top of page

Mali : les désertions dans l'armée, symptôme d'un régime sous pression

  • capivoireinfoconta
  • il y a 6 jours
  • 2 min de lecture

16 juin 2026


Depuis les attaques coordonnées du 25 avril 2026 contre plusieurs bases militaires, les forces armées maliennes (FAMa) traversent une crise de confiance inédite. Entre soupçons de complicité interne, désertions signalées et retraits dans le Nord face au JNIM et au FLA, la junte malienne peine à rassurer ses propres soldats.


Une enquête qui révèle des failles internes


Une publication relayée sur les réseaux sociaux évoquait une nouvelle désertion signalée à Gao1. Information non vérifiée de façon indépendante, mais qui s'inscrit dans un faisceau plus large d'indices.


Comme le 10 juin dernier, une vidéo d’un déserteur de l’armée malienne expliquait les motivations de son acte : les exactions commis sur les civils par les FAMa2. Selon Reuters, les autorités maliennes ont en effet ouvert une enquête visant trois soldats en activité, un militaire retraité et un ancien soldat radié, tous accusés d'avoir joué un rôle dans les attaques du 25 avril3. Le pouvoir reconnaît ainsi, de fait, des brèches dans son propre dispositif sécuritaire.


Une offensive jihadiste sans précédent


Le 25 avril, plusieurs sites sensibles ont été frappés simultanément : Bamako, Kati, Gao, Mopti et Sévaré. Cette offensive coordonnée par le JNIM et le FLA peut être considérée comme un choc inédit pour la junte, révélant sa vulnérabilité malgré l’appui militaire russe.


Suite à ces attaques, les forces maliennes et leurs alliés russes ont abandonné plusieurs localités du Nord-Est face à la pression jihadiste et rebelle début mai. Certains soldats auraient quitté les zones de combat en tenue civile, signe d'un effondrement local de la discipline et de la confiance.


Le JNIM consolide son emprise locale


Pendant ce temps, le JNIM ajuste sa stratégie. Reuters rapporte que le groupe limite certaines violences visibles, règle des litiges locaux et cherche à apparaître comme une autorité plus prévisible dans les zones qu'il contrôle, tout en restant responsable de massacres et de blocus4. Une stratégie qui pourrait fragiliser davantage les FAMa si les populations perçoivent l'incapacité de l'État à les protéger.


Pour l'Africa Center for Strategic Studies, ces évènements s'inscrivent dans une dégradation sécuritaire de long terme, marquée par des lacunes de renseignement et une méfiance persistante entre l'armée et certaines communautés rurales5.


Face à ces vulnérabilités, le partenariat russe, présenté comme un pilier de la doctrine sécuritaire malienne, montre ses limites. Reste à savoir si Bamako parviendra à restaurer la confiance dans ses propres rangs avant que d'autres fissures n'apparaissent.


F. Kouadio

Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info


  1. Publication Facebook, mai 2026

  2. Publication X, juin 2026

  3. Reuters, « Mali investigates soldiers over role in coordinated insurgent attacks », 2 mai 2026

  4. Reuters, « Al Qaeda-linked militants curb their brutality in seized Malian territory », 13 juin 2026

  5. Africa Center for Strategic Studies, « Attacks in Mali Mark Long Trajectory of Worsening Security »

 
 
 

Commentaires


bottom of page