Niamey acte son retrait de la Cour pénale internationale
24 juin 2026

Ce même 18 juin 2026, alors que la junte nigérienne notifiait à l'ONU son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), une attaque terroriste revendiquée par le JNIM frappait l'aéroport de Niamey. Une décision dénoncée par Human Rights Watch, qui y voit un abandon des populations civiles prisent dans le conflit sahélien.
Un retrait acté le jour d'une attaque jihadiste
Le 18 juin 2026, le gouvernement nigérien transmettait au Secrétaire général des Nations unies sa notification de retrait du Statut de Rome. Le même jour, une attaque revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, visait la base militaire de l'aéroport international Diori Hamani de Niamey, faisant plusieurs morts au sein des Forces de défense et de sécurité. La coïncidence interpelle : alors que les jihadistes intensifient leurs offensives, les autorités se retirent de la juridiction chargée de poursuivre les crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
Human Rights Watch : « priver les populations de justice »
L'organisation Human Rights Watch (HRW) alerte sur une décision qui « compromettra l'accès à la justice pour les victimes d'atrocités de masse ». Pour Liz Evenson, directrice du programme Justice internationale de HRW, les juntes de l'AES « privent leurs populations d'une voie internationale importante pour obtenir justice et réparation ».
Or les atrocités s'accumulent. Selon HRW, l'État islamique au Sahel (EIS) a, en 2025, exécuté sommairement des centaines de villageois dans la région de Tillabéri. L'armée nigérienne et des milices progouvernementales sont elles aussi accusées d'exactions, notamment contre les communautés peules.
Une rupture qui s'ajoute au départ de la CEDEAO
Le départ du Niger de la CEDEAO qui a été acté en janvier 2025 et qui a déjà privé les Nigériens de tout recours devant la Cour de justice ouest-africaine, s’accumule désormais avec le retrait du Statut de Rome. Une fois effectif en juin 2027, ce retrait fera du Niger le troisième pays à quitter la CPI, après le Burundi et les Philippines.
Pour la Côte d'Ivoire et ses voisins de la CEDEAO, c'est une frontière supplémentaire qui se ferme entre les populations civiles sahéliennes et les mécanismes internationaux de protection.
À l'heure où les massacres se succèdent dans la bande sahélo-saharienne, vers qui les victimes pourront-elles encore se tourner ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
Human Rights Watch, « Rapport mondial 2026 : Niger », janvier 2026
Human Rights Watch, « Afrique de l'Ouest/Sahel : Les juntes militaires poursuivent leur répression », 4 février 2026
Tchadinfos, « Le Niger a officiellement déposé sa demande de retrait de la Cour pénale internationale », 23 juin 2026



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