Orpaillage illégal en Côte d'Ivoire : financiers chinois et complicités locales
- capivoireinfoconta
- 1 août
- 2 min de lecture
27 juillet 2026

En cinq ans, la Côte d'Ivoire a démantelé plus de 8 500 sites d'orpaillage illégal et déféré 4 474 personnes, dont 65 % d'étrangers. Mais le fléau prospère : des réseaux étrangers, surtout chinois, financent machines et produits chimiques, avec la complicité d'acteurs locaux que l'État promet enfin de poursuivre.
Un bilan salué, un fléau qui s'étend
Réuni le 23 juillet 2026 sous la présidence d'Alassane Ouattara, le Conseil national de sécurité a jugé l'orpaillage clandestin « fortement préoccupant ». Le Groupement spécial de lutte, créé en 2021, revendique 8 500 sites déguerpis et 136 kg d'or saisis, sans enrayer son expansion.
Réseaux chinois : l'or exfiltré, le mercure abandonné
L'orpaillage n'est plus artisanal : il est industrialisé. Pelles mécaniques, dragues, mercure et cyanure forment un arsenal que financent des réseaux étrangers, au premier rang desquels des opérateurs chinois. En novembre 2023, dans la forêt classée de Kobo, au nord, 31 personnes dont 12 Chinois ont été inculpées après la destruction du sol, de la flore et de la faune, y compris d'espèces protégées. Le même schéma vaut du Sénégal au Gabon : l'or quitte le pays, le mercure y demeure. Plus de 142 tonnes échapperaient chaque année à l'État, selon le cabinet Bloomfield ; les fleuves empoisonnés et les terres stériles, eux, restent aux Ivoiriens.
Sur le terrain, des complicités locales
Le 17 juillet 2026 à Abengourou, le préfet de l'Indénié-Djuablin a annoncé une « tolérance zéro » visant aussi les complices : propriétaires terriens, chefs coutumiers et agents de l'administration. « Toutes les parcelles appartiennent à quelqu'un. Si un orpailleur exploite un terrain, c'est qu'il bénéficie de la complicité du propriétaire », a-t-il déclaré. Les chefs complices risquent poursuites et retrait de leur nomination.
Détruire les sites ne suffit pas
Pendant cinq ans, la répression a surtout frappé les creuseurs. En visant enfin les financiers chinois et leurs relais locaux, l'État admet que détruire des sites ne suffit pas. Combien de forêts classées et de rivières faudra-t-il encore sacrifier avant de tarir la filière à sa source ?
F. Kouadio
Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info
Sources :
AIP, « Plus de 8 500 sites d'orpaillage illégal démantelés et 4 474 personnes déférées depuis 2021 (CNS) », 24 juillet 2026 ; Abidjan.net, 23 juillet 2026
AIP / Abidjan.net, bilan du GS-LOI présenté au CNS (2021 – 1er semestre 2026) : 8 500 sites, 960 M FCFA et 136 kg d'or saisis
AIP (Abengourou), « Orpaillage clandestin : les propriétaires terriens et les chefs coutumiers complices désormais passibles de poursuites », 18 juillet 2026



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