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Togo : forces russes et turques présumées dans les Savanes

  • capivoireinfoconta
  • 3 août
  • 2 min de lecture

29 juillet 2026

Plusieurs formations de l'opposition togolaise ont réclamé, le 20 juillet 2026, un débat public sur la présence présumée de forces étrangères dans la région des Savanes (nord). Mercenaires russes de l'Africa Corps, éléments de la société militaire privée turque SADAT : ces accusations, que Lomé n'a pas confirmées, rouvrent le débat sur les partenariats sécuritaires face aux jihadistes.


Une opposition qui dénonce l'opacité


Les différents mouvements de l’opposition togolaise : la Dynamique Monseigneur Kpodzro originale, la Dynamique pour la majorité du peuple, Lumière pour le développement dans la paix et le front « Touche pas à ma Constitution » ont publié une déclaration commune. Ils exigent « l'ouverture immédiate d'un débat public » sur toute force militaire ou paramilitaire étrangère présente au Togo. En cause : des personnels russes et turcs qui interviendraient contre les groupes armés dans les Savanes.


Drones turcs et SADAT : des capacités, pas une sécurité


Les signataires évoquent des éléments liés à SADAT, surnommée le « Wagner turc ». Sur les faits, prudence : les enquêtes confirment des formateurs turcs et des drones Bayraktar TB2 livrés depuis 2021, sans établir la présence de mercenaires. Mais l'expérience régionale invite au scepticisme. Au Mali, malgré les drones turcs reçus dès 2022, les attaques jihadistes n'ont pas reculé : Ankara vend des équipements, pas une victoire.


Africa Corps : la « protection » et son bilan


Le pari russe interroge davantage encore. Depuis le début de l'année 2026, plus de 300 éléments de l'Africa Corps seraient déployés dans le pays, et un cargo russe sous sanctions américaines a accosté au port de Lomé le 9 juillet. Or ces mêmes paramilitaires, censés protéger les civils, sont visés ailleurs (au Mali notamment) par des enquêtes documentant de graves exactions. Moscou, qui ambitionne de faire du Togo sa tête de pont dans le golfe de Guinée, avance ses pions ; Lomé garde le silence sur les effectifs, les lieux et les missions.


Un enjeu qui dépasse le Togo


Depuis fin 2021, l'extrême-nord togolais subit les incursions jihadistes venues du Sahel. Environ 8 000 militaires y sont mobilisés dans l'opération Koundjoaré, un effort largement soutenu localement (74 % d'opinions favorables dans les Savanes début 2025). Mais le recours présumé à des contractants privés brouille les responsabilités. Pour la Côte d'Ivoire et le golfe de Guinée, confrontés au même débordement côtier, une question demeure : la sécurité peut-elle se sous-traiter sans débat démocratique ?


F. Kouadio

Cap'Ivoire Info / @CapIvoire_Info




Sources :

  • Koaci, « Togo : Requête de l'opposition sur une présumée présence de forces militaires étrangères dans le pays », 21 juillet 2026

  • TRAC, « Turkey Paramilitary, Coastal West Africa – SADAT in Togo », trackingterrorism.org

  • AFP (reprise Seneweb), « Togo : l'opposition préoccupée par la présence présumée de soldats russes et turques dans le Nord », 22 juillet 2026

  • « Togo : Adhésion de la population », AllAfrica, 7 mars 2025

 
 
 

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